Exposition 'Contours variables'
Janvier 16

EXPOSITION "Contours variables" de HALIDA BOUGHRIET (née en 1980; vit à Paris),  DAVID DUCHON-DORIS (né en 1984; vit à Bayonne) MICKAEL VIVIER (né en 1983; vit à Bayonne)

Du 14 septembre 2016 au 15 octobre 2016 à la COMMANDERIE  à LACOMMANDE
Entrée libre, mercredi, samedi, dimanche 14h à 18h

L’idée d’un monde immuable, figé dans une cartographie rigide, est illusoire. Tout bouge, se déplace, entre en translation. Les limites arbitraires n’existent pas, à l’image des photographies de David Duchon-Doris prises sur la frontière entre France et Espagne. Ce sont des espaces anonymes, qui pourraient aussi bien se trouver ailleurs. La séparation n’est que paysage et abstraction mentale. Et pourtant l’Histoire s’évertue à compartimenter, à cloisonner, à définir des zones, à filtrer. Partant de là, Mickael Vivier ravive la mémoire des lazarets, ces espaces de mise en quarantaine qui servaient, du 15° au 19° siècle, à isoler les indésirables et les malades, entre vie et mort. Mais de cette présence sombre émergent des géométries élancées et savantes, basées sur l’utilisation du nombre d’or. Elles développent une harmonie des formes au profit d’un éclatement des limites, d’un mouvement au delà de l’inertie. Cette envie de contours dissolus se retrouve dans les démarches engagées d’Halida Boughriet. Les simples désirs d’existence de chacun se heurtent à la complexité des discours géopolitiques, à la prégnance des conflits, aux étouffantes revendications. Et l’on se retrouve souvent perdu, déboussolé. Mais notre humanité sensible est bien là et se dévoile par des gestes, des regards, des mouvements. L’exposition distille des relations aux paysages, à l’histoire, à la société pour une douce reconsidération des rapports que l’on peut engager dans ce monde sous tension. Ainsi peut survenir l’évocation de territoires intermédiaires, de zones transitoires, de migrations, de fractionnement de l’espace. Mais au delà des séparations imposées, les artistes de l’exposition proposent une ouverture possible vers l’émotion, comme une évidence. 

Commissaire d’exposition: François Loustau / La Maison

HALIDA BOUGHRIET
www.halidaboughriet.com

Corps de Masse Installation vidéo, installation, 2013-2014

Corps de masse est un projet né d’ateliers menés au Musée d’art et d’histoire de Saint-Denis, installé dans un ancien carmel. Halida Boughriet a filmé des habitants de la ville, invités à se rassembler, s’enlacer et faire corps devant la caméra, avant de se séparer lentement. Les scènes se déroulent dans les salles du musée, autrefois cellules des religieuses, espaces exigus, contraignant l’artiste à des cadrages serrés. Les corps unis, baignés d’une lumière naturelle, reprennent inconsciemment les postures des sujets des peintures classiques exposées. Seuls les froissements des tissus, les frottements au sol sont alors perceptibles. Instants fragiles, éphémères, ces rapprochements révèlent la nature des liens humains qui font la force de chacun. Les corps, les cheveux se mêlent, se fondent, puis se séparent dans un mouvement calme, apaisant.

Autoportrait vidéo, 3’, Couleur, Son

L’ oeil refllète et diffuse une série d’images de guerre, il devient écran humain et ému du chaos.

Des intégrations 17′ vidéo HD couleur son 16/9, 2015

Dans la vidéo "Des intégrations" , la mémoire collective et la mémoire politique se figent, à la limite de l’amnésie voire de la négation. La voix off augmente le rapport subjectivité/objectivité dans la narration. Les personnages jouent sur une série de correspondances qui érigent le film au rang de transfert visuel.

DAVID DUCHON-DORIS

Frontières photographies, 80x100 cm

www.davidduchondoris.fr

 

MICKAEL VIVIER (production)
www.mickaelvivier.com

Lazzaretto

Installation pluri-disciplinaire : volume en bois, gravure sur bois brulé et dispositif numérique Cette proposition puise son inspiration première dans les lazarets. Créé à partir du XVe siècle, il s'agissait d'établissements de mise en quarantaine, proche des ports, permettant d'écarter les navires dans lesquels les passagers et les équipages étaient atteints de la peste. De cette façon, les épidémies ne pouvaient se répandre dans les villes. Éthymologiquement, on pourrait faire un rapprochement avec le nom d'un personnage biblique : Lazare de Béthanie. Il s'agissait d'un homme décédé des suites de sa maladie puis ressuscité par la volonté de Jésus. De la même façon que ce Lazare oscille entre deux états (vie et trépas), le lazaret est une sorte de non-lieu qui court-circuite le déplacement des hommes. Du fait de leur affliction, il leur est impossible d'atteindre leur destination et se retrouve alors entre la vie et la mort, perdu dans le lazaret. Le monde contemporain est un monde de communications et d'informations s'inscrivant dans des flux d'échanges de données perpétuelles au sein du réseau d'Internet. Ces données sont immatérielles, invisibles à nos yeux. D'autres fluxs sont eux visibles, c'est celui des hommes. Les hommes et femmes du Proche-Orient et d'Afrique se heurtant aux portes de l'Europe afin d'échapper à la mort. Dans cette installation, j'ai voulu traiter de cet instant où la vie et la mort se superposent, où le mouvement et l'inertie se confondent. Le premier volume en bois brulé évoque un cercueil au sein duquel tente de surgir la vie. Formellement, les gravures sur bois existent en écho avec la sculpture principale. Il s'agit de dessins réalisés à l'aide d'un traçeur numérique, exécutés selon des règles mathématiques précises (le nombre d'or). Par ces dessins, il est encore une fois question de superposer le vivant et l'inerte. La troisième pièce composant l'installation est un socle au sommet duquel repose une cloche en verre renfermant de la limaille de fer. À certains instants, elle se dressera du fait de l'activation d'un électro-aimant caché dans le socle puis retombera finalement en poussière. 

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