Juin 17
Juin 2017 en Jurançon

Yvonne Hégoburu… royale dissidence !

Ses vins portent en eux cette alliance de perfection lointaine et d’exubérance. Parce qu’Yvonne Hégoburu aime la vigne résolument, elle a choisi, il y a 30 ans, une agriculture qui rend libre. Elle a replacé le vignoble de Jurançon dans l’univers, éprise de biodynamie. A 90 ans, aussi solaire qu’impertinente, plus déterminée que jamais, elle consacre sa vie à viser toujours la révélation du terroir. Les bonheurs d’un domaine relié au cosmos.              

C’est un domaine dans la campagne, une idée de vignoble plus qu’un vignoble. Avant d’arriver là, au bout d’un chemin, on se sera perdu un peu, l’attention distraite par le paysage partagé entre les collines de Saint-Faust et le Pic du Midi d’Ossau. De ce pays du Jurançon, Yvonne Hégoburu admire et cajole un morceau. Six hectares, organisés en terrasses qui descendent du ciel, dans un fabuleux tourbillon végétal. Ces grands berceaux, abrités des vents d’ouest, sont le lien charnel qui la relie au monde, qui la nourrit et du passé et du présent. Du gouffre laissé par la disparition de son mari, en 1985 – celui qui a capturé son cœur, à 15 ans, sur les bancs du collège –, est sans doute né ce désir ardent de planter de la vigne à Souch, l’année de ses soixante ans. Prolongement naturel d’un premier amour « d’ado », tendre et passionné, déchiré entre bonheur et désarroi, à l’infini. « Survivre au choc, au manque, à l’absence et faire ce qu’il ne voulait pas que je fasse… », résume t-elle, piquante, belle et malicieuse. Pour René – ancien rédacteur en chef de La République des Pyrénées –, « Hégo », pour les intimes, Yvonne, à force de travaux titanesques, modèle un pan de coteau, intègre la vigne à ce paysage envoûtant de 20 hectares de forêts et de prairies, pour faire éclore de merveilleux « jardins ». Elle apprend à dialoguer avec les 20 000 ceps, alignés par degrés sur les pentes inclinées, et avec Déméter... Dotée d’un esprit audacieux et d’un nécessaire « brin de folie », cette amoureuse de la spontanéité de la nature, déterminée à faire entendre la force et la mémoire de la terre, rejoint le cercle très restreint des « vignerons résistants ». Et au creux de ses rangs de petit et gros manseng, de courbu, enracine ses certitudes. Sans a priori, Yvonne adopte les principes de Rudolf Steiner et convertit le domaine à la biodynamie. Ce qui n’est pas simple en des temps cartésiens. Un cheminement personnel, une transformation intérieure qui s’applique ensuite à la vigne et au vin. Cette viticulture exigeante et idéaliste accouche de raisins à l’équilibre souverain, savoureux et sains, qui expriment avec une précision extraordinaire, la typicité d’un terroir marqué par son sol et son microclimat. Le génie du terroir, ici, c’est d’abord ce goût inimitable de fruits mûrs, sublime cocktail d’agrumes, de mangue, de pêche et d’abricot… avec des notes fines de miel et de fleurs blanches : des arômes complexes, issus tout droit du sol argilo-calcaire et de la nappe à galets. Car les vignes vont puiser toute leur minéralité dans les premiers contreforts des Pyrénées, à 300 mètres d’altitude. Une richesse naturelle qui rend inutiles les produits de synthèse et les engrais.

Quand les astres s’en mêlent

Le talent des domaines de Jurançon réside dans l’élaboration de cuvées qui reflètent de façon immuable le style caractéristique de chacun pour retrouver chaque année le goût qui fait la réputation de leur Maison. Vigneronne de l’extrême, Yvonne Hégoburu, qui ne fait rien comme les autres, révolutionne le style du cru, dès son premier millésime. La preuve ? Une micro-cuvée de vin mythique, médaille d’or au Concours général agricole, en 1992. Son Jurançon moelleux, aérien, angélique, d’un équilibre cristallin, est paré pour l’éternité. Cette merveille régentée par le fruit, la finesse et la douceur des tanins, est un peu le secret de Souch : un savoir empirique… où s’expriment l’instinct, l’observation et l’amour, plutôt que la science. Passionnée de terroir jusqu’à la démesure, elle n’a pas hésité à prendre tous les risques pour atteindre la vérité du vin de Jurançon. Elle a replacé le vignoble dans l’univers. Et capture les énergies des quatre éléments – la terre, l’eau, le feu (chaleur), l’air (lumière) – pour les transmettre aux racines, aux feuilles, aux fleurs de la vigne, aux raisins, sous l’influence des astres et de la lune. Un défi qui redéfinit les canons de l’appellation. Un combat pour un vin avec supplément d’âme. On voit in fine les arômes se transformer. Yvonne, étoile de Mondovino – documentaire militant de Jonathan Nossiter, sur le business du vin – symbolise la résistance, le refus des gourous, des diktats, des lobbies, des puissances établies. Son œuvre signée, unique, quasi-mystique, évoque la spiritualité du Béarn. Son vin : le reflet d’une histoire. Passion et vertu ! Pour conserver ce fragile équilibre, les actes agricoles sont subtils. Emmanuel Jecker et Maxime Salharang, ses deux petits « œnologues-vignerons » ont pris leur bâton de pèlerin, guidés sur les chemins célestes à la conquête de la nature et des rythmes cosmiques. La terre de Souch nous invite à l’humilité et le temps se met en apesanteur. Labourée et enrichie par le compost organique (du fumier de paille), elle redevient lieu de vie. Et on pulvérise des « tisanes » de prêle et d’ortie, d’achillée et de silice ; les précieux « préparats », remèdes dynamiques contre les maladies. Pour maîtriser la vigueur des ceps, on taille court, traque le moindre raisin superflu pour favoriser la maturation des grappes restantes – on a choisi de limiter strictement les rendements à la moitié de ce qui est permis… – effeuille, à la main, le bas des vignes pour qu’elles soient touchées par le soleil couchant. Il y a quelque chose, ici, du paradis terrestre ; l’épervier plane au-dessus des cathédrales végétales et l’on revoit même des coccinelles. Tout le secret des vins de Souch est là, dans un jus vivant. Des acidités lumineuses qui défient à la fois tous les critères œnologiques et tous les dégustateurs. Un Jurançon du ciel et de la terre, récompensé par la presse, référencé dans les plus grands restaurants du monde. Conquis par le mystère de ce vin rare, ouvrons une bouteille, cuvée Marie-Katallin, 2007, en silence pour garder l’intensité du moment. La joie au fond du verre. 

Lucie d’Incau

Domaine de Souch - 805 chemin de Souch- 64110 Laroin- Tél: 05.59.06.27.22 ; domaine.desouch@neuf.fr


Fête du conte

Dimanche 11 juin 2017 -10è édition- à partir de 11 h

Cette année, pour sa 10e édition (eh oui !…), la Fête du Conte s'ancre davantage dans le village et s'enrichit, tout en préservant les rendez-vous qui lui sont chers et l'esprit qui l'anime. Dès 11 heures, c'est la fête ! La Tablée des Conteurs vous attend pour l'apéritif conté, musical et gourmand. Il y aura le bonheur des retrouvailles, les histoires, chansons et musique, rires et émotions.

 

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EXPOSITION « COLLECTIF PHOTOSCURA » jusqu'au 28 juin 2017
Haïkus photographiques
de Laurent Dourrieu & Thomas Zellner

Entrée libre le mercredi, samedi, dimanche de 14 h à 18 h

 

Laurent Dourrieu, aux images et Thomas Zellner, aux mots, se retrouvent dans un exercice carré comme un théorème, fantaisiste comme un poème, contraint par la règle, unique,  de  duos  d'images  carrées  et  d'haïkus systématiques....

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UN JEUDI SOIR À LACOMMANDE
Le programme des concerts des "Un jeudi soir à Lacommande" de juillet est sorti. Cette année, il y en aura 2 en août...

Programme complet  savoir + 

 

  • Jeudi 6 juillet : Mui Queiroz jazz pop rock inspiration brésilienne savoir + 
  • Jeudi 13 juillet : Collectiu Biarnes groupe local tendance Swing
  • Jeudi 20 juillet : The Stamps Rock et Rockabilly savoir +
  •  Jeudi 27 juillet : Helvic Head  musique traditionnelle irlandaise savoir + 
  • Jeudi 3 Aout : Can I Swing Swing savoir + 
  • Jeudi 10 Aout : JB Bullet Rock et pop  savoir +

 



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